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L’écologie départementale balayée des écrans-radars.

On me reproche souvent la sévérité de mes chroniques quand elles concernent la Gauche et les Socialistes. C’est vrai, je ne suis pas tendre. Je le suis d’autant moins que je suis un enfant de cette famille politique, un enfant déçu par la décomposition politique de cette Gauche. Cela étant, je ne suis guère plus sympathique avec mes amis écologistes.

Depuis mon départ des Verts en 2008, j’ai fréquenté ce mouvement (et ces avatars successifs) en pointillé, selon le va-et-vient de cette force entre ses dérives gauchistes et ses rares ouvertures à la société. Et je ne manque pas de me fâcher régulièrement avec les uns ou les autres !

Force est de constater, pour en revenir aux élections départementales, que l’écologie a été balayée des écrans-radars. 2 binômes « vert-vert » et 1 binôme « PS / EELV », c’est peu. Très peu pour 17 cantons proposés. S’agissant des résultats [1], on ne peut ni crier victoire, ni fondre en larmes. L’écologie flotte ici entre deux eaux. Elle ne profite pas de la déconfiture socialiste, mais ne sombre pas comme certains l’annonçaient. En somme, elle suit le mouvement du ni-ni : ni sursaut, ni déroute.

Lorsqu’on pose un tel constat, on ne dit finalement rien de vraiment intelligent, ni même d’audacieux. Mais cette écologie entre deux-eaux est aussi une écologie dans ses basses-eaux. Qu’il est loin le temps des Européennes et de la naissance d’Europe-Ecologie ! A cette époque, les écolos attiraient vers eux des personnalités nouvelles, engagés, volontaires qui allaient insuffler un souffle frais dans un parti sclérosés. A cette époque les volontaires aux élections (Européennes puis Régionales) étaient nombreux. Aujourd’hui, EELV parvient difficilement à trouver une poignée de militants pour présenter deux binômes et demi sur 17 cantons. Le parti de de la charismatique Emmanuelle Cosse doit même faire les fonds de poches pour trouver des personnes comme moi, non-encartés, pour pouvoir figurer au 1er tour. Les écologistes aubois se retrouvent ainsi sans candidat dans l’agglomération (mise à part V. Labarre en duo avec D. Sydor).

Non seulement l’écologie politique a été balayée de cette élection, mais elle apparaît comme décimée par 5 ans de luttes fratricides. Au delà du décompte, plutôt rapide, des binômes "verts", on découvre une situation qui résume l’éparpillement de l’écologie politique "façon puzzle". Dans le canton de Troyes III, les numéros 1 et 2 de la liste « Verte » aux municipales de 2008, se présentaient ; non pas sous la bannière EELV, ni même unis sous une autre couleur verdoyante, mais l’un contre l’autre. Le premier, Dominique Deharbe représentait "Nouvelle Donne" tandis que son ex-colistière, à qui il avait cédé sa place au Conseil Municipal de Troyes, l’affrontait pour le compte de la majorité départementale d’Adnot dont chacun sait les affinités écologiques...

Dominique Deharbe, Christine Thomas [2], Jean-Marc Massin [3], mais aussi, Françoise Delplanque, Jérémy Zwald, Hervé Murgier, Pascal Verdier, Virginie Cousin, Anne Lé… et j’en oublie pléthore, ont disparu des écrans-radars. Il y a, aujourd’hui dans l’Aube, bien plus d’écolos en dehors d’EELV qu’à l’intérieur.

Le résultat est tragique. Les questions environnementales locales ont été quasi inaudibles pendant cette campagne. Ignorés par les médias locaux, les écologistes étaient trop petits, trop peu nombreux, trop insignifiants électoralement pour peser et imposer des sujets comme ceux de l’incinérateur, de l’axe Troyes-Saint-Dizier, de la Ferme industriel d’Arcis, du stockage des déchets nucléaires… Et je dois prendre ici ma part de responsabilité. Car mes efforts pour provoquer le débat, pour mettre sur la place publique le projet d’incinérateur porté par le Conseil Général ont été vains. Ils se sont surtout heurtés au mur du silence solidement tenu par la Droite mais aussi par les Socialistes, manifestement très mal à l’aise sur cette question.

A cet égard, que faut-il penser de tels candidats qui refusent de débattre d’un projet si coûteux, si dangereux, si contestable et qui préfèrent se chicaner sur le parc informatique d’un collège ou une subvention à l’ESC ? Comment comprendre que ceux qui prétendent représenter les citoyens leur refusent ce droit démocratique élémentaire de débattre d’un choix, l’incinérateur, qui nous engagera pourtant pour 50 ans dans un processus polluant ? C’est comme si, ces candidats au Conseil Départemental, étaient tétanisés par l’idée de proposer une idée, une choix, une direction… C’est comme si, ils se laissaient porter par le flot de l’actualité, les meetings de Valls ou Sarkozy, les sorties de Marine Le Pen, sans pouvoir, ni vouloir prendre en main leur destin. Le vide sidéral des professions de foi résume le niveau général d’une campagne où, encore une fois, la plupart des candidats n’avait à proposer qu’un logo et quelques vagues intentions.La démocratie est donc malade ; malade d’un personnel en état de sidération face à la montée du FN ; malade de n’être plus capable d’aller face au peuple et d’affirmer des choix, fussent-ils douloureux ou compliqués.

Notes

[117 % pour le binôme d’Aix-en-Othe, sans aucun concurrent à Gauche. 8,5 % pour celui de Brienne avec un concurrent Front de Gauche. 19,5 % pour celui de Troyes 1

[2Candidats l’un contre l’autre à La Chapelle St Luc

[3Conseiller écologiste sortant

3 Messages

  • L’écologie départementale balayée des écrans-radars. , par JB Boisseau
    Le 11 avril 2015 à 21:05

    Je me demande si tout cela n’a pas quelque chose d’inévitable.
    L’écologie politique, dans ses fondements idéologiques, est fait pour attirer les libres-penseurs (même si on y trouve aussi occasionnellement des Jean-Vincent P. ou des Christine T.)... et je doute que ce tempérament là soit fait pour fait pour la conquête du pouvoir.

    Trop épris de vérité pour fermer les yeux sur les problèmes de leur camp, trop épris de liberté pour sacrifier leurs idées à l’exercice du pouvoir. Je ne connais aucun exemple historique d’une telle race de politique parvenu à exercer le pouvoir au plus haut niveau d’une nation... peut-on parler de hasard ?

  • L’écologie politique est sans doute davantage une force d’influence, de lobbying, plutôt qu’une force visant à devenir majoritaire par la conquête du pouvoir. Cela n’empêche pas l’exercice du pouvoir, mais cela change le rapport que l’on peut avoir dans le processus politique et électoral.
    En gros, la culture et les pratiques politiques ne sont souvent pas les mêmes que celles du PS ou de l’UMP, ce qui provoque beaucoup de malentendus quand les uns doivent négocier avec les autres.

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  • L’écologie départementale balayée des écrans-radars. , par JB Boisseau
    Le 12 avril 2015 à 10:56

    Nous sommes d’accord... et cela explique probablement en partie le phénomène décrit dans ton article : les écologistes locaux passent quelques années et laissent leur place, sans forcément avoir pu laisser leur trace.

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