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Pourquoi planter des arbres devant la Cathédrale de Troyes ?

D’ici quelques mois devraient débuter les travaux de requalification du parvis de la Cathédrale de Troyes. A cette occasion, une question se pose et ne semble pas tranchée : Faut-il planter des arbres devant la Cathédrale de Troyes ?

Le sujet pourrait sembler secondaire et même futile. Il ne l’est pas. Il pourrait même devenir le point central d’un débat animé dans les prochaines semaines. D’ailleurs, lors de la présentation du projet, Dominique Boisseau qui avait déjà fort à faire sur la présence de 2 ou 3 bagnoles sur le parvis, s’est bien gardé de trancher sur la caractère définitif des plantations.

La présence d’arbres paraît pourtant nécessaire. Car à tout point de vue (mise en valeur du patrimoine, lutte le réchauffement climatique, réduction des pollutions atmosphériques…) le reboisement urbain n’a rien d’un gadget. A cet égard, il faut saluer le remarquable travail de la Ville de Troyes ces dernières années. Malgré quelques fausses notes (l’abattage de dizaines d’arbres sur le mail Jules Guesde), notre municipalité a engagé une politique très volontaire et tout à fait pertinente pour développer les plantations d’arbres en ville [1]. Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Les arbres participent à mettre en valeur les monuments

En matière de patrimoine, l’habitude, oserai-je dire la mauvaise habitude, consiste à considérer que les monuments doivent être dégagés pour être appréciés. La mode, encore aujourd’hui, conduit les aménageurs à proposer les perspectives les plus ouvertes, les plus larges possibles. On coupe, on élague, on étête, bref, on fait le ménage pour permettre au monument que l’on veut mettre en valeur de s’imposer au regard du promeneur. Cet usage n’a pourtant rien d’aussi évident que cela. A Troyes, le charme de notre ville, forgé par son histoire, est à l’exact opposé de cette tendance. Il réside justement dans la quasi-absence de lieux ouverts, de grandes places et de larges perspectives. Ici, notre cité, ses lieux les plus remarquables, se dévoilent au détour d’une rue, au hasard d’une petite place ou d’une cours étroite. Rien ne s’impose. Tout se mérite, se cherche, se déniche. Il faut lever les yeux, tourner la tête, faire quelques pas de plus pour découvrir ces détails qui font la beauté de notre ville. La présence d’arbres devant la Cathédrale, comme ceux plantés devant la basilique St-Urbain, s’accorderait donc parfaitement avec cette spécificité urbaine. Ils permettraient de multiplier les points de vue, de ne rien imposer mais au contraire de suggérer, de surprendre le regard, de donner des perspectives infiniment plus variées et originales qu’un parvis triste et minéral.

Reboiser la ville pour la rafraîchir et la dépolluer

S’agissant des considérations environnementales, les avantages des arbres en ville ne sont plus à démontrer. Il ne s’agit pas de considérations anecdotiques et sorties du cerveau d’un bobo déconnecté des réalités quotidiennes. Bien au contraire. Au delà de la préservation d’une certaine bio-diversité, ces plantations jouent un rôle concret dans la qualité de vie des habitants du quartier et des passants.

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D’abord, ces arbres jouent et joueront un rôle important dans notre adaptation au changement climatique. Les villes sont en effet des « îlots de chaleur » plus sensibles que les zones rurales au réchauffement de l’atmosphère. Pour limiter ce phénomène et rafraîchir nos quartiers, le verdissement des espaces publics fait parti intégrante des outils dont nous disposons. Plus d’arbres, a fortiori dans des quartiers étroits comme celui de la Cathédrale, c’est le moyen de vivre mieux, surtout l’été, pour les habitants et les touristes. Vous n’êtes pas convaincus ? Faites l’expérience d’une promenade en plein été, dans la rue Zola, dépourvue d’arbres et minéralisée à outrance ; puis entrez dans une cour ombragée comme il en existe des dizaines dans le Bouchon. La différence de température est souvent de plusieurs degrés. Au delà de cette action sur le thermomètre, le reboisement participe également à nettoyer l’atmosphère des pollutions. Notre agglomération a récemment connu plusieurs jours de pollutions aux particules fines (PM10). Or, les arbres peuvent capter une partie de ces éléments et limiter les conséquences sanitaires de ces pollutions. A Londres, selon une étude de l’université de Southampton, relayée par le quotidien 20minutes, les arbres «  permettraient d’éliminer entre 850 et 2.000 tonnes de particules fines (PM10) par an. » C’est relativement peu, mais cela montre tout de même les multiples intérêts de ces plantations.

Il y a finalement assez peu de raisons objectives pour s’opposer à la présence d’arbres sur ce parvis de la Cathédrale. Car mis à part quelques considérations esthétiques discutables sur les bienfaits ou non de dégager ce monument de tout obstacle visuel, les atouts et les effets directs sur la qualité de vie sont bien là.

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Notes

[1La requalification de l’avenue Chomedey est notamment exemplaire tant du point de vue quantitatif que qualitatif

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015