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Du Gauchisme au Gauchisme : la lente dérive d’EELV et de l’écologie auboise

EELV explose. En quelques semaines, des dizaines d’élus, des centaines de militants ont quitté le navire vermoulu de l’écologie politique. Certains avec fracas, comme Jean-Vincent Placé ou François de Rugy, d’autres, beaucoup d’autres dans la plus grande discrétion. Et l’hémorragie ne semble pas vouloir s’arrêter, y compris dans l’Aube.

Dans la région, la plupart des élus ont déchiré leur carte entraînant derrière eux les rares adhérents de ce mouvement déjà bien mal en point. Localement, dans l’Aube, le secrétaire départemental (Pascal Feugé) et la Conseillère Régionale (Valérie Labarre) ont démissionné du mouvement. Le parti écologiste qui ressemblait déjà à une coquille vide, est littéralement décapité. A tel point que pour le moment, aucune tête de liste n’a été trouvée pour mener, dans l’Aube, la campagne régionale. En l’absence d’une structure locale et dans ce contexte de « sauve qui peut » général, on se demande même si les aubois pourront trouver 11 noms pour figurer sur les bulletins de vote des prochaines élections.

Sur le fond, l’agonie d’EELV n’a pas de quoi surprendre. Dès 2010, le souffle de Cohn-Bendit est retombé. La promesse d’Europe-Ecologie, d’un mouvement neuf, ouvert et capable de transcender les clivages a fait long-feux. EELV s’est vite refermé pour retomber dans ce que Les Verts avaient de pire : une écologie sectaire dérivant vers un gauchisme militant. L’affaire était définitivement pliée en 2011, lorsqu’au terme d’une primaire étriquée, les écolos ont choisi une Eva Joly bien plus rouge que verte. Le reste n’a été qu’une succession d’errements, d’hésitations stratégiques et de renoncements politiques. Localement, la vie d’EELV a tristement singé ce qui se passait à l’échelle nationale. La méfiance a gouverné le mouvement réduisant à néant toutes les perspectives d’ouverture et d’élargissement, poussant vers la porte la majorité de celles et ceux qui avaient rejoints Europe-Ecologie à ses débuts, fermant à double-tour le retour des anciens adhérents des Verts.

On peut donc parfaitement comprendre l’explosion de ce mouvement. Mais on peut s’interroger sur la forme, notamment à l’échelle locale, que prend cette déconfiture. Ceux qui partent, ici comme ailleurs, dénoncent les alliances vers la Gauche de la Gauche. Ils prônent, au contraire un rapprochement avec le PS et pourquoi pas un retour au gouvernement. Brefs, ils réinventent « Les Verts » de Dominique Voynet et de la Gauche Plurielle. Nous voilà bien loin de l’esprit d’autonomie politique porté par Cohn-Bendit… Les méchantes langues diront également que ceux qui partent sont souvent élus ; élus grâce au PS. Et comme on ne mord pas la main qui vous nourrit, ces partants d’un jour cachent à peine leur volonté de rallier les listes socialistes pour ainsi conserver leur mandat.

Dans l’Aube, la tournure des événements est encore plus rocambolesque. Valérie Labarre, Conseillère Régionale, a suivi le mouvement. Via les réseaux sociaux, l’élue démissionnaire d’EELV, récite parfaitement sa leçon sur l’urgence écologique, la dérive gauchiste de son parti, la nécessité de faire bloc autour du PS et même le danger FN. Force est de constater qu’ici, dans l’Aube et même dans le Grand Est, ses arguments tombent à plat. Le risque FN n’existe pas et les écolos n’ont ici jamais envisagé autre chose qu’une autonomie au 1er tour et sans doute une fusion avec le PS au 2e tour. En souhaitant rejoindre le PS, elle s’apprête également à figurer sur une liste menée dans l’Aube par un frondeur (Olivier Girardin) dont le discours ferait rougir de plaisir les derniers militants gauchistes d’EELV qu’elle rejette aujourd’hui. Calée dans la roue de Jean-Vincent Placé et François de Rugy qui souhaitent un retour des écolos dans le gouvernement Valls, notre élue écolo du coin ne voit pas le problème de suivre un socialiste qui dit « pis que pendre » sur ce même Valls. Cherchez l’erreur… Et que dire du discours de notre élue sur l’urgence climatique alors même que ses amis socialistes ont voté (à une abstention près), dans l’Aube, le projet de construction d’un incinérateur. Cherchez l’erreur (bis)…
Cherchez encore l’erreur lorsqu’on sait que Valérie Labarre s’est souvent illustrée par des prises de position (sans-papiers, SDF, droits des minorités plus ou moins visibles…) respectables mais parfaitement représentatives de la dérive gauchiste qu’elle dénonce. Disons les choses plus clairement, si une écologiste, ici, incarne la dérive gauchiste d’EELV, les errements sociétaux, les élucubrations multiculturalistes et pacifistes, c’est bien Valérie Labarre. La retrouver aujourd’hui dans un mouvement écologiste de Centre Gauche, proche de Valls, c’est un peu comme voir Nadine Morano rejoindre le MRAP...

Tout ceci augure mal de l’avenir de l’écologie politique. Si la disparition d’EELV semble désormais plus que probable, quoique jamais certaine, le nouveau mouvement porté par De Rugy au niveau national et… Valérie Labarre ici dans l’Aube s’annonce n’être que le duplicata des Verts. On voit mal comment ce mouvement pourrait ne pas retomber dans les mêmes travers qu’ont successivement connu les Verts puis EELV.

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Mis à jour le samedi 5 décembre 2015